Le loup a fait sa réapparition en France depuis la dernière décennie. C’est ainsi qu’après avoir disparu pendant deux siècles, voilà ce superprédateur de retour dans nos forêts et nos montagnes. D’ailleurs, le loup se trouve aujourd’hui quasiment partout sur le territoire de l’Hexagone. En effet, sa présence est attestée dans le sud, le bassin parisien et la Bretagne. Il suffira certainement juste d’un peu plus de temps pour le voir investir les derniers départements. Et à la vue de ce phénomène inattendu, des questions se posent. Doit-on avoir peur du loup oui ou non ? Doit-on éviter d’aller en forêt ? Pouvons-nous continuer à faire de la randonnée tranquillement et dormir à la belle étoile ? La question est posée et le débat est houleux. Deux visions s’opposent : les pros loups et ceux qui perçoivent cet animal comme un agent nuisible et dangereux.
Loup en France : un incroyable retour
Qui l’aurait cru ? Si on nous avait dit un jour que le loup était en France, on aurait certainement tous ri aux éclats. On aurait alors certainement dit que le loup c’est du passé, qu’il appartient à une histoire révolue. Et pourtant si, il est revenu, suscitant ainsi la stupéfaction. Et la question de savoir comment il est revenu est d’ailleurs aussi tout à fait intéressante et sujette à débat. Le loup est donc là, il rôde, il observe. Et nous qui aimons la nature et les activités de plein air, partageons avec lui son terrain de chasse. Devons-nous donc nous adapter au loup ou bien c’est lui qui doit s’adapter à nous ?
Le loup : un animal protégé
Le loup bénéficie d’un statut d’animal protégé en Europe. C’est la Convention de Berne qui a statué de sa protection en 1979 en déclarant l’espèce comme « strictement protégée ». Aussi, « Directive Habitats » de 1992 est venue le protéger en encadrant strictement les battues. Ces textes l’ont considéré comme étant menacé et des mesures ont été prises pour assurer sa survie. Mais depuis peu, depuis le 3 décembre 2024, cela a été révisé afin de diminuer le niveau de protection. C’est ainsi que le loup est à présent classé comme une espèce qui « a un statut protégé ». Ce nouveau statut devrait notamment permettre d’abattre plus facilement des individus qu’auparavant.
Que faire pour se protéger du loup ?
Une première mesure pour se protéger du loup est d’emporter un gaz lacrymogène, de préférence sous forme de gel. Cela, afin qu’une fois pulvérisé, sa trajectoire ne soit pas déviée en cas de vent. Si vous rencontrez un loup, vous devrez bien entendu viser au niveau des yeux. Cette mesure défensive est d’ailleurs la seule autorisée d’entreprendre par des civils. Vous ne pourrez donc pas sortir vos fourches et vos faucilles comme vos aïeux pour faire fuir la bête ! En effet, seules les brigades de louveterie sont autorisées à faire des prélèvements sur la base de quotas spéciaux.

Quelles conséquences pour celui qui tue un loup en dehors du droit français ?
Tuer un loup est considéré comme étant du braconnage. A ce titre, cela est puni par la loi. Une peine de deux ans de prison et une amende pouvant atteindre 150 000 € sont effectivement prévues par la loi. Il est d’ailleurs à noter que cette catégorie d’amende a considérablement augmenté au cours des dix dernières années. Effectivement, il y a environ dix ans, elle était de 13 000 €. Elle a donc presque été multipliée par dix.
Attaques de loups sur l’homme en France : vrai ou faux ?
Des attaques de loup sur l’homme auraient déjà eu lieu en France depuis son grand retour. Nous voulons parler ici exclusivement de ce qui se déroule en milieu naturel, car c’est là que transitent les randonneurs. C’est pourquoi nous excluons le fait divers du zoo de Thoiry. ll y a donc bien des personnes qui disent avoir été attaquées et qui tentent de faire entendre leur voix. Des témoignages existent sur ce qui leur est arrivé et ces récits sont vraiment glaçants. Le seul problème dans ces histoires est le manque de preuves matérielles. En effet, l’Office Français de la Biodiversité doit s’appuyer sur des preuves tangibles pour prouver une attaque. C’est d’ailleurs ce principe qu’ils appliquent sur les bêtes de cheptel pour indemniser les éleveurs. Mais voyons à présent ce que racontent ces différentes personnes qui auraient été attaquées par le loup.
Le premier cas d’attaque : celui des deux jeunes éleveurs alpins
Le 06 juin 2015 à Seynes-les-Alpes, au hameau Saint-Antoine, Romain Ferrand, un éleveur de 16 ans remarque quelque chose d’anormal. En effet, son troupeau de vaches et ses chiens sont particulièrement agités. Et pour cause, une meute de loups est entrée sur l’exploitation. Nous sommes alors vers minuit quand il décide avec son frère Benjamin de sortir en tracteur et armé d’un fusil. C’est là qu’à une vingtaine de mètres ils aperçoivent les loups se dirigeant droit sur eux. Il tire un coup de feu en l’air et parvient ainsi à faire fuir la meute.
Les deux randonneurs des Ecrins
Le 17 septembre 2019, un couple de randonneurs partis près du lac de Faravel disent avoir été attaqués par un loup. L’attaque serait survenue dans la nuit et leur tente et leur sac à dos auraient été pris pour cible. Les deux randonneurs sont ensuite redescendus en catastrophe sans subir d’attaque directe.
Le conseiller municipal
Le 6 février 2023, un élu de la commune de Castellet-lès-Sausses dans les Alpes-de-Haute-Provence a eu bien peur. Il était alors en train de régler un problème d’irrigation quand cinq loups firent leur apparition. L’un d’entre eux l’attaqua et il réussit à lui asséner un coup de machette, faisant ainsi fuir les autres.

Camélia : la promeneuse de chien attaquée par un loup
Le 27 avril 2024, Camélia Bertrand Cohen vivant à Lavoine dans l’Allier dit avoir été attaquée par un loup. Elle raconte être sortie promener son chien vers 23h30 et avoir été subitement attaquée en marchant sur la route. Un loup se serait jeté sur elle depuis une hauteur et l’aurait mordue à plusieurs reprises. En effet, plusieurs traces de morsures semblables à celle du loup sont présentes sur son corps. Cela est mis en évidence par la distance entre les dents qui est bien celle de l’empreinte du loup. Seulement, certaines preuves de ce dossier ont malheureusement disparu. En cause ici, les habits lacérés qu’elle a mis à la machine à laver, effaçant ainsi des preuves génétiques tangibles. Dans cette histoire, le compagnon de Camélia finit par intervenir et réussit à faire dégager la bête.
Marc Taravello : le chasseur varois
Le 3 Juin 2024, un chasseur du Var du nom de Marc Taravello a affirmé avoir été attaqué par un loup. Il raconte être alors stationné sur un chemin carrossable dans la garrigue et être affairé dans son coffre. C’est son chien qui, sentant la présence du loup ou l’ayant aperçu, se mit à émettre des aboiements curieux. L’homme se retourne alors et a juste le temps de s’emparer de son fusil et de tirer en l’air. Le loup effarouché prend alors la fuite.
Quelques statistiques officielles sur le loup en France
Le loup attaque les troupeaux en France et cela est un fait établi. Chaque année les pouvoirs publics recensent le nombre d’attaques sur les différentes catégories de bêtes. Et les chiffres sont alarmants et en constante augmentation. En effet, depuis dix ans le canis lupus ne cesse de voir sa population augmenter. Et par conséquent, le nombre d’attaques augmente aussi. Voyons donc les chiffres en ce qui concerne la dernière année.
Combien de loups y a-t-il en France en 2024 ?
On estime qu’il y aurait environ 1000 loups répartis sur le territoire français. De plus, il a été dit que la population du loup était désormais stable. Cela dit, ces données sont invérifiables. La seule chose que l’on peut constater véritablement sont les faits. Et les faits sont eux en hausse continue.
Recensement du nombre d’attaques de loup sur le bétail en 2023
En 2023, les autorités françaises ont annoncé que 10 882 bêtes domestiques ont été tuées par le loup. La barre symbolique des dix mille ayant déjà été dépassée depuis des années, cela montre l’envergure du massacre. De plus, canis lupus tue à présent plus d’ovins qu’auparavant. Effectivement en 2024, ce sont 479 ovins qui figuraient parmi les victimes du loup. Et ce phénomène s’est encore vu être confirmé l’année dernière.
Quels chiffres sur les attaques en 2024 ?
Il est encore trop tôt pour connaître le nombre de bêtes tuées par le loup en 2024. En effet, l’Etat attend toujours plus que l’année écoulée avant de les communiquer. Les chiffres officiels seront donc en principe révélés dans le courant de l’année.

Pour ou contre la réintroduction du loup en France : deux visions qui continuent de s’affronter
Malgré les tueries de bétail et l’insécurité grandissante sur nos beaux chemins de randonnées, demeurent toujours des pro loups. Et les arguments avancés pour sa réintroduction sont connus :
- Le loup n’attaque pas l’homme
- Le loup était là avant nous
- C’est l’homme qui a exterminé le loup
- C’est son droit de revenir vivre dans son milieu naturel
- On peut très bien s’adapter au loup
- Le loup est un excellent régulateur pour la faune sauvage et permet notamment de réduire le nombre élevé de sangliers.
A côté de cela, il y a les éleveurs qui ne dorment plus la nuit. Et aussi peut-être des randonneurs qui commencent à douter d’aller à la montagne. Faut-il donc faire passer les intérêts des humains avant tout ? Faut-il exterminer le loup ? Ou bien, faut-il simplement plus le réguler ? La question fait débat et cette actualité risque de faire parler encore longtemps.




