Captures de murènes après la pêche.

Oseriez-vous tenter la pêche à la murène ? C’est en effet une aventure risquée qui relève d’un véritable challenge. La pêche à la murène est une pratique très marginale et connue que de certains pêcheurs. Elle représente un défi dangereux avec l’animal qui s’avère redoutable. C’est pourquoi Cluster-Til vous en parle mais en vous mettant aussi en garde. De plus, sachez que pêcher ce type de poisson ne se fait pas en raison de la qualité de sa chair. En effet, si elle se laisse manger, ce n’est pas un poisson exceptionnel. Vous l’aurez compris, pêcher une murène, c’est sortir un petit trophée de courage hors de l’eau ! Voyons à présent quel est ce poisson, ses habitudes et comment parvenir à le capturer au mieux.

Pêche à la murène : rencontre avec un prédateur discret

Même si certains évoquent des écailles rugueuses, c’est surtout son allure élancée qui impressionne. La pêche à la murène plonge dans un univers côtier où la mer se mêle intimement avec la pierre. Dans cet habitat rocheux la murène se cache souvent dans un recoin qu’elle transforme en véritable territoire. Ainsi, vous pourrez la voir dans des :

  • Grottes
  • Failles
  • Cavités
  • Trou marin
  • Derrière un rocher
  • Cavités communicantes
  • Dans des algues.

Dans ces lieux, elle observe discrètement les mouvements autour d’elle. Elle avance lentement pour explorer les alentours avant de regagner son trou au moindre danger. Les pêcheurs expérimentés apprennent à lire ces déplacements discrets. Le pêcheur qui explore ces paysages découvre là un monde fascinant où chaque relief a son rôle.

La nuit : le moment où la murène sort de son trou

À la tombée de la nuit, la pêche à la murène devient l’un des moments les plus propices. La raison en est que lorsque la luminosité diminue, la murène quitte son abri sous-marin. Alors, elle devient un chasseur patient et méthodique. Tapie dans l’ombre, seule sa tête dépasse de son refuge, prête à réagir au moindre mouvement. La murène pratique essentiellement la chasse à l’affût est apprécie notamment :

  • Sardine
  • Céphalopode
  • Poisson mort
  • Poulpe
  • Crustacé.

Et attention à sa réactivité est fulgurante ! En effet, elle frappe en une fraction de seconde dès qu’une opportunité se présente.

Un matériel solide et adapté

Pour pouvoir pêcher une murène, il faut un matériel vraiment adapté :

  • Une canne robuste
  • Un bas de ligne acier
  • Un fil de pêche solide ou une tresse résistante
  • Un hameçon renforcé
  • Un montage résistant.

Dans cette préparation, la mise en place de la ligne de fond définit la pêche à la murène. Le lancer doit atteindre un recoin précis entre les rochers, là où les cavités accueillent souvent la murène.

Murène dans la mer la tête hors de sa cavité.

La murène : un poisson incroyablement résistant

Au moment où tout s’enclenche, la pêche à la murène devient soudain une affaire de réflexe. En effet, à la moindre secousse, il faut ferrer rapidement et gérer la tension du fil avec précision. La murène oppose une résistance impressionnante et tente souvent de regagner sa cavité. Trop tirer peut casser la ligne, mais ramener trop doucement lui laisse le temps de s’échapper.

Le délogement de la murène

Lorsqu’elle effectue sa sortie du trou, ses mouvements sont brusques et imprévisibles. Dans cette pêche rocheuse, prévenir les accrochages dans un rocher demande de l’expérience. C’est pourquoi, le pêcheur doit anticiper chaque réaction du poisson tout en gardant son calme. Durant la lutte, la pêche à la murène offre des sensations intenses. Une fois accrochée, il faut tirer ou ramener le fil avec méthode pour éviter qu’elle ne s’enfouisse dans un recoin impraticable. Le dépêtrage demande parfois l’usage d’une gaffe ou d’une épuisette pour sécuriser la prise. La manipulation prudente est indispensable, car la morsure de murène est dangereuse. Son attitude défensive et ses dents aiguisées peuvent blesser grièvement. La sécurité en pêche devient alors primordiale, d’autant plus lorsque l’on évolue sur des rochers humides. Ce mélange de technicité, d’adresse et de vigilance fait partie intégrante de ce type de pêche en Méditerranée.

La murène commune : la plus présente sur nos côtes

La murène commune est l’espèce la plus fréquemment observée sur nos côtes méditerranéennes et atlantiques. Facilement reconnaissable à son corps allongé, puissant et tacheté. Bien que de nombreux individus mesurent entre 60 et 100 centimètres. Effectivement, certains spécimens atteignent plus d’1,50 mètre de longueur pour des poids qui peuvent dépasser les 10 kilos. Ces grandes murènes sont particulièrement recherchées par les amoureux de pêche vigoureuse. Ils apprécient leur force, leur résistance et leur comportement combatif une fois ferrées. Leur présence témoigne également de la richesse écologique des fonds côtiers. Ceci, car la murène commune occupe un rôle important dans l’équilibre des espèces benthiques.

Un excellent odorat

La murène possède un odorat extrêmement sensible. Et cela est un de ses atouts majeurs pour chasser. Grâce à cette capacité olfactive exceptionnelle, elle détecte facilement les effluves dégagés par ses proies, même à bonne distance. Effectivement, une simple molécule odorante dans le courant suffit pour qu’elle puisse s’orienter avec précision. Dans la pénombre, lorsqu’elle se déplace entre les failles et les anfractuosités, la murène suit l’odeur de ses proies. Cette faculté sensorielle, combinée à sa vitesse de réaction et à sa mâchoire puissante, fait d’elle un prédateur redoutable. Mais aussi, elle utilise également sa ligne latérale pour percevoir les vibrations et les mouvements environnants. De fait, cette sensibilité accrue lui donne un avantage certain dans son habitat naturel, souvent sombre et labyrinthique.

Un poisson qui possède une mauvaise vision

La murène a une vision médiocre. Ses yeux, relativement petits, ne lui permettent pas de distinguer clairement les formes ou les mouvements à distance.

La murène attaque-t-elle l’homme ?

La murène n’attaque pas l’homme par instinct. En effet, elle n’adopte cette attitude que si elle se sent en danger. Les plongeurs expérimentés savent qu’il suffit de respecter sa distance et de ne jamais tenter de l’extraire d’une anfractuosité. Un exemple célèbre remonte aux années 1980, au large de Naples. Un plongeur amateur avait essayé de déloger une murène coincée dans une cavité rocheuse pour l’observer de plus près. Surpris et se sentant menacée, l’animal a réagi instinctivement en le mordant à la main. La blessure, impressionnante mais sans conséquence grave, a été largement médiatisée à l’époque, renforçant l’image agressive de la murène. Pourtant, les experts ont rappelé que l’animal ne faisait que se protéger. Dans son milieu naturel, la murène adopte un comportement discret et évite le contact humain. Si elle mord, c’est uniquement parce qu’elle se sent acculée ou manipulée.

Comment manipuler une murène ?

Pour manipuler une murène avec plus de sécurité, il est crucial de la faire sortir de sa faille avant d’intervenir. En terrain dégagé, le pêcheur pourra agir sans trop de danger et sans la brusquer inutilement. Une fois dehors, il devient possible de la piquer ou de la manipuler de manière contrôlée. Comme dit plus haut, une gaffe peut être employée. Cette approche permet d’éviter les blessures, et de réduire le stress.

La murène dans la gastronomie

La murène est un poisson particulièrement apprécié grillée. Elle se savoure accompagnée de riz au safran de qui en fait un plat coloré et parfumé. Ce qui est apprécié aussi c’est qu’elle est quasiment dépourvue d’arêtes, ce qui facilite sa consommation. Par ailleurs, bien que la plupart des murènes soient comestibles, il en existe toutefois des toxiques. Il s’agit des espèces suivantes :

  • Gymnothorax javanicus
  • Gymnothorax flavimarginatus
  • Gymnothorax undulatus
  • Gymnothorax funebris
  • Gymnothorax pictus
  • Gymnothorax moringa.
Murène dans son milieu naturel.

Les lieux de pêche de la murène en France métropolitaine

En France métropolitaine, la murène peut être pêchée le long du littoral méditerranéen. Des zones comme la Corse offrent des conditions idéales, avec des criques et des falaises sous-marines. Sur le continent, le Var constitue également un secteur privilégié, notamment autour des ports. Certaines digues des Bouches-du-Rhône sont également connues pour abriter ces poissons.

Les diverses façons de pêcher la murène en méditerranée

A chacun sa technique. En Méditerranée, plusieurs méthodes existent pour la capture de la murène. Et si certains préfèrent la canne à pêche, d’autres préfèrent aller la chercher directement dans l’eau. A ce titre, Cluster-Til vous parle des différentes manières de saisir cet animal très spécial.

La pêche à la calée depuis le bord

La pêche à la calée consiste à positionner l’appât de manière stable sur le fond ou contre un obstacle naturel. Ici, l’objectif est de rester au plus près du poisson. Le pêcheur utilise souvent des plombs pour maintenir l’appât immobile malgré le courant ou les vagues. Et cela permet de stimuler l’attention des murènes cachées dans leur trou. Ainsi, la pêche à la calée est une méthode simple mais efficace pour approcher des murènes en toute sécurité.

La pêche en surf lourd

La pêche en surf lourd est une technique adaptée aux zones côtières où les vagues et le courant sont puissants. Effectivement, cela permet de lancer des appâts loin du rivage pour atteindre les poissons comme la murène. Cette technique consiste à utiliser du matériel pour maintenir l’appât en place malgré les vagues. L’appât, souvent du poisson frais ou découpé, est ainsi présenté de manière stable pour attirer les prédateurs. Cette technique exige précision dans le lancer et vigilance pour détecter la touche. Cela, car les vagues peuvent masquer les mouvements subtils de la ligne.

La pêche à soutenir

La pêche à soutenir est une technique qui consiste à maintenir la ligne et l’hameçon dans une position précise. Cela, souvent à proximité immédiate de la cachette du poisson, en “soutenant” l’appât sans le laisser dériver au gré du courant. Cette méthode demande patience et vigilance : le pêcheur doit sentir le moindre mouvement ou tiraillement sur la ligne. L’avantage de la pêche à soutenir est de pouvoir présenter l’appât directement sous le nez du poisson. Cela augmente en principe l’opportunité de capture des espèces prudentes et peu mobiles.

La murène en chasse sous-marine

La pêche à la murène en chasse sous-marine est une expérience intense qui demande patience et précision. Ces poissons, aux corps sinueux se dissimulent souvent dans des cavités rocheuses ou des fissures sous-marines, rendant leur détection difficile. Le chasseur doit adopter une approche silencieuse et attentive en repérant les endroits sombres où la murène se cache. Son odorat et sa discrétion naturelle font qu’elle peut repérer le plongeur avant que celui-ci ne s’approche trop. L’usage d’une arbalète courte et maniable est recommandé. Cela, afin de viser la tête de la murène avec précision, évitant tout risque de morsure. Et la sécurité est essentielle. Il faut toujours s’assurer que le poisson est bien visible et que la zone de tir est dégagée.