Appréciez-vous l’art islamique et la calligraphie arabe ? Si tel est le cas, vous serez alors certainement emballé en visitant l’Alhambra de Grenade. Bien plus qu’un édifice architectural, c’est un trésor d’art arabe unique en Europe et dans toute la Méditerranée. En effet, ces palais suspendus de l’ère andalouse regorgent d’une calligraphie qui relève d’un savoir-faire pointu de la géométrie. C’est tout un art qui se profile le long des murs avec un sens notamment : celui de raconter une histoire. C’est pourquoi nous conseillons aux amateurs d’art de s’y rendre pour constater la minutie de la réalisation sur les façades.
Un véritable livre de pierre
Lorsque l’on pénètre dans l’enceinte de l’Alhambra, ce sont des milliers d’inscriptions taillées dans la pierre qui témoignent d’un passé. On aperçoit des ornements sculptés dans les murs dans une parfaite logique de présentation. Cette exposition faite au visiteur raconte à la fois la spiritualité musulmane et le pouvoir. Chaque inscription murale qui a été laissée a un sens qui lui est propre. Tantôt elle raconte un fait historique ayant marqué le royaume, tantôt elle ouvre à une méditation métaphysique. La calligraphie qui s’exprime au Palais de l’Alhambra a besoin pour être appréhendée d’être insérée dans son contexte historique. C’est ainsi que toutes ces significations se comprennent au regard du contexte politique et historique de cette période. C’est pourquoi cet art de la calligraphie arabe est une source d’enrichissement pour les historiens et pour les artistes.
Combien y a-t-il de calligraphies arabes à l’Alhambra ?
Si on après une visite on vous demandait combien y a-t-il de calligraphies à l’Alhambra, vous diriez certainement des milliers. Et vous auriez raison. En effet, il a été estimé qu’il y a plus de 10.000 inscriptions en tout au sein de l’Alhambra. Ce nombre tout à fait conséquent nous donne la mesure de ce que représente ce monument. Par ailleurs, on pourrait aussi se demander combien de temps d’ouvriers ont dû être nécessaires pour réaliser une telle œuvre.

Les supports muraux et architecturaux des calligraphies arabes
Au sein de l’Alhambra, il y a plusieurs types de murs qui accueillent les inscriptions. Nous avons en effet :
- La pierre
- Le plâtre
- Les céramiques.
Par ailleurs, nous avons également divers types d’architectures où ces calligraphies ont été apposées :
- Les plafonds
- Les arches
- Les colonnes.
Ces divers ensembles apportent diversité et variété à la conception artistique en la fondant dans un tout harmonieux.
La nature des diverses inscriptions calligraphiées
Le site de l’Alhambra à des buts divers au travers de sa calligraphie. C’est la raison pour laquelle on y trouve des inscriptions de natures différentes. Ainsi s’allient en ce lieu le temporel et le spirituel, l’histoire et l’éloquence du parler.
Les versets coraniques calligraphiés
L’époque andalouse a apporté avec elle la tradition musulmane dans la Péninsule Ibérique. Et c’est sur l’exemple de la foi que de nombreux murs ont été inscrits par des versets coraniques. Ainsi, ils évoquent la croyance des souverains nasrides qui vivaient jadis dans ces palais. En effet, l’Islam sunnite du pouvoir Omeyade est celui qui était alors la religion d’Etat. L’Islam était le modèle sur lequel reposait la société et donc rien de tel que d’apposer des versets du Coran. Ils faisaient ainsi office de rappel pour les habitants et pour les visiteurs.
Les poèmes calligraphiés
Il est connu que les anciens arabes excellaient dans le domaine de la poésie. Effectivement, depuis toujours au sein des tribus, et cela avant l’Islam, ils maniaient la poésie avec une grande habilité. Pour tout dire, la poésie faisait partie de l’identité des arabes et de leur manière de vivre et de s’exprimer. C’est la raison pour laquelle on trouve de nombreux vers de poésie à l’Alhambra. Ils étaient composés par des poètes de la cour. Leur but était à la fois de faire les éloges du sultan et de vanter la beauté du palais royal.
Le pouvoir politique et la calligraphie arabe
Une formule était connue et abondamment répétée à l’Alhambra du temps des Omeyades. Elle était en fait la devise de l’Etat nasride et disait Wa la ghaliba illa Allah. On pourrait ainsi traduire cette maxime par Il n’y a de vainqueur qu’Allah. Et on la retrouve en de maints endroits du palais marquant ainsi un repère fort du pouvoir royal.

Un déchiffrage pas toujours évident
Il est à noter un fait également à l’Alhambra qui est que l’étude des inscriptions y est complexe. Dans un premier temps déjà il y a le phénomène de l’érosion qui a rendu certaines inscriptions en parties effacées. Ajouté à cela, il faut savoir que plusieurs styles d’écriture sont présents ce qui complexifie la tâche. En effet, trois styles d’écritures y sont représentés :
- L’écriture coufique
- L’écriture cursive
- L’écriture naskh.
De nos jours encore, les spécialistes continuent de travailler sur le site pour tenter de le comprendre entièrement. On a donc affaire à une œuvre monumentale dont tous les secrets n’ont pas encore été percés…




